Les pieds en éventail et le cerveau au frais

Avec l’été, une idée saugrenue et pleine d’optimiste s’incruste souvent dans notre tête : pourquoi ne pas rattraper notre retard sur les nouveautés littéraires 2014 ? Pour ceux, comme moi, qui sont très en retard, cet espoir est un peu plus fou car il inclut les crus 2013 voire 2012. Autant dire qu’au lieu de vacances, nous avons du pain sur la planche…

Pour pallier ces lacunes sans s’endormir sur une prose parfois bouilla-besque (néologisme culinaire peu usité), j’ai décidé d’agrémenter mes lectures de quelques images, avec des dialogues savoureux à la Audiard ou des scénarios dignes d’un film de Nolan. Direction la Parenthèse, une librairie spécialisée dans la bande-dessinée à Nancy. Là Mirko Claudot, un des libraires de l’équipe, m’a donné quelques idées de lectures. Du drôle, du bizarre, du super-héros, du complexe et même de l’intellectuel… Tous les ingrédients sont là pour passer un bel été sans avoir à se farcir le dernier Goncourt (qui est sûrement très bien mais il est dans la liste des livres qu’il faut lire, pas très raturée la liste d’ailleurs !).

Sans plus attendre, voilà de quoi combler vos neurones et vos zygomatiques. La voici, la voilà : la sélection BD pour cet été :

Centenaire 14-18 oblige, voici une sélection BD regroupant des publications sur la Première Guerre Mondiale. Sans surprise, Mirko commence avec Tardi et une réédition de « Putain de guerre » chez Castermann. Pour le reste je vous laisse découvrir les ouvrages que nous propose la Parenthèse :

Et puis pour ceux qui auraient oublié, il se trouve que le Goncourt 2013 a été décerné à Pierre Lemaitre pour « Au revoir là-haut » paru chez Albin Michel. L’histoire met justement en scène deux hommes qui sont sortis vivants mais traumatisés par l’horreur de cette guerre. Pour le moment, il est encore dans ma liste « à lire » de l’été mais promis, dès que je l’ai (enfin) lu je vous tient au courant… sauf si vous n’en avait rien à faire !

Big moustache !

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La pilosité masculine se rebelle. Après de longues années de silence et de discipline extrême, barbes et moustaches osent se montrer. Mort au métrosexuel imberbe et lisse, les hommes assument leurs poils et s’amusent même à leur donner des formes originales, voire excentriques.

@Dave Mead

Plus inattendu, ce retour pileux permet à un métier, tombé dans les limbes de la pilosculpture, de revenir en force : le barbier. Surfant sur la nouvelle tendance, le salon SONZ’s Barbershop s’est ouvert rue Saint-Nicolas à Nancy en mars 2013.

Yann Sonzini, responsable de ladite échoppe, nous fait découvrir ce monde, où cire à moustache et soins après-rasage règnent en maîtres.

Mais est-ce que cet accès de pilosité, cette folie du poil plait à la gente féminine ? Le poil pour les femmes, c’est un peu comme l’alcool : à consommer avec modération ! Barbe ou moustache ? Une réponse nuancée d’Aurore, Catherine, Roxane et Maryline :

La moustache et la barbe : un acte de rebellion ? Un retour à une masculinité perdue dans les salons d’esthéticiennes ? Une tradition maintenue ou juste une habitude ?

Pourquoi ces messieurs portent-ils boucs, barbichettes ou bacchantes ? Perçons donc ce mystère avec les premiers intéressés : Maxime, Alain et un moustachu anonyme mais jovial…

Allez, à la prochaine 😉

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 Plus de photos de Dave Mead ici : http://www.davemead.com/.

Un site en Lorraine pour le centenaire 14-18

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9 millions de morts, plus de 20 millions de blessés, un siècle s’est écoulé et le bilan de la première guerre mondiale choque toujours autant par son ampleur. Les cicatrices  de cette guerre sont encore visibles : celles laissées par les sillons des tranchées, par les bombardements qui ont redessiné les paysages.

14-18 a laissé aussi beaucoup d’images et de témoignages. L’accès à ces documents est souvent difficile pour le grand public. Certains sites internet comme celui de la mission du centenaire permettent de rendre accessible ces contenus au plus grand nombre de gens possible. La Lorraine s’est distinguée dans ce travail de mémoire collectif avec le lancement en novembre 2013 du site http://www.images14-18.eu, créé par le Centre Images Lorraine.

Comment est né l’idée de ce site ? Réponse de Jean-Pierre Puton, chef du projet « Images 14-18 » au CIL.

En novembre le site rassemblait déjà 15 000 images. Aujourd’hui ce sont un peu plus de 20 000 images qui sont mises à la disposition des internautes. Derrière chaque image, il y a le travail de fourmis, fourni par deux documentalistes : Blaise Aurora et Mathieu Rousseau.

Mathieu Rousseau explique en quoi ce travail consiste :

Les fonds du Centre Image Lorraine viennent en grande partie de particuliers, de dons ou de prêts. Ils recèlent quelques trésors comme des dessins du cinéaste Georges Méliès. En majorité ce sont des photographies : plaques de verre, vues stéréoscopiques, cartes postales… Plus rares sont les lettres ou pages de carnets.

Mais comment rendre vivante cette guerre vieille d’un siècle ? Une part importante du site http://www.images14-18.eu est consacrée au 3D. Pour Jean-Pierre Puton, ces vues 3D offrent une expérience originale et vivante :

La 3D n’est pas une invention moderne contrairement à ce que l’on pourrait croire. Mathieu Rousseau nous explique pourquoi :

Le site créé par le CIL a pour ambition de s’ouvrir à d’autres départements français, recueillir une partie de leurs fonds iconographiques par le biais de la numérisation et devenir une plateforme nationale.

Jean-Pierre Puton évoque ces projets d’avenir :

Malgré la guerre et leur dures conditions de vie, le rire et la dérision avait parfois leur place dans la vie des poilus, comme le montre cette caricature :

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Autour des tranchées se développe tout une culture : chansons, objets d’art, dessins… Les poilus nous ont légué des témoignages vivants de ce qu’ils ont vécu malgré la censure et la propagande militaire. La Chanson de Craonne par exemple a été écrite sur une mélodie romantique de l’époque pour décrire la souffrance des soldats et le sentiment de n’être que de la chair à canon :

Solidarité sur le Plat’Haut

Après l’épicerie solidaire étudiante Agoraé, inaugurée en avril 2013, le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de Nancy  lance son épicerie sociale. La Boutique du Plat’Haut a ouvert ses rayons au public le 23 novembre 2013 sur le Plateau de Haye. Son objectif ne se limite pas à offrir des produits de consommation courante à des prix avantageux.

Le CCAS propose un véritable suivi de ces clients d’un genre particulier. De la réinsertion professionnelle à un retour à la vie sociale, les bénéficiaires de l’épicerie sociale doivent s’investir dans un projet à long terme. Ici, la précarité prend différents visages : chômage, difficultés financières, solitude.  Fin 2013, 93 personnes ont pu remplir leurs assiettes grâce à la structure. La Boutique permet aussi à ses propres employés d’accéder à une réinsertion professionnelle  : hôtesses de caisse, magasiniers et chauffeurs sont sous Contrat Unique d’ Insertion (CUI). A la fin de ces derniers, ils sont censés pouvoir s’orienter vers des emplois plus durables.  Actuellement sur neuf postes disponibles, seuls quatre sont pourvus. Un recrutement est en cours.

La Boutique du Plat’Haut, un espace de rencontre, d’apaisement et d’espoir, à l’écart des tourbillons de la crise. Petite visite des lieux en compagnie de Wilfried Perrin,  directeur du pôle Insertion Sociale au CCAS de Nancy…

Le CCAS a récemment signé une convention avec Maxéville et élargit son champ d’actions aux habitants de la ville. Le nombre de bénéficiaires dépassera alors la barre des cents.

Lire l’emploi dans une tasse à café

Parler boulot autour d’une tasse de café est un geste rituel pour des millions de travailleurs français. Entre candidatures et attente, celui des demandeurs d’emploi est tout autre. Les Cafés Contacts de l’Emploi les aident à renouer avec le monde du travail autour d’une boisson chaude.

Avec un taux à 10.5 % [1] au troisième trimestre 2013 et une augmentation du nombre de chômeurs de 0,5 % en novembre, le gouvernement Ayrault est attendu au tournant dans sa lutte contre le chômage. Toute initiative pour endiguer le phénomène est la bienvenue. Celle de l’association strasbourgeoise CaféContact a déjà été adoptée par plusieurs villes françaises : Paris, Lille ou Strasbourg. A Nancy, elle a eu lieu pour la première fois le jeudi 12 décembre 2013 à la Brasserie le Cheval Blanc sur le Plateau de Haye. L’objectif de ces manifestation est de multiplier les contacts en direct avec des recruteurs dans un endroit neutre et convivial. Le café, point de rencontres sociales, devient un espace de rendez-vous professionnel, le stress en moins.

Créée en 2006, les Cafés Contacts de l’emploi sont nés de l’expérience d’un ancien demandeur d’emploi, Paul Landowski.

En sept ans, la structure s’est développée, deux salariés et une trentaine de bénévoles, et s’est ouverte à l’Europe. Les Cafés Contacts s’exportent à Genève, Bruxelles et rêvent de conquérir les Etats-Unis. Côté résultats, après plus de cent trente forums, Paul Landowski avance fièrement un taux de « 10 % » de contrats de travail signés.

L’organisation du Café Contact de l’Emploi au Plateau de Haye est le fruit d’une collaboration entre la Maison de l’Emploi du Grand Nancy et CaféContact. Une quinzaine d’entreprises s’est déplacée à la demande de l’association. De son côté, la Maison de l’Emploi, a lancé 350 invitations en direction de ses bénéficiaires et des habitants du Plateau de Haye, aidée en cela par la Mission Locale du quartier. Rachid Boubegra, directeur adjoint de la Maison de l’Emploi du Grand Nancy, espérait beaucoup de cette manifestation :

Dans la sélection de sociétés présentes, les secteurs qui recrutent le plus sont représentés : le bâtiment, l’immobilier, les services à la personne ou la restauration. La plupart des entreprises viennent avec en poche des postes à pourvoir.

Marie Sorin, assistante de gestion des ressources humaines pour la société Acticall :

Emmanuelle Bedouet, responsable de l’agence ORPI à Essey-les-Nancy :

D’autres en revanche profitent du Café Contact de l’Emploi pour enrichir leur CVthèque, comme Florence Hamon, directrice de la société Axeo Services à Nancy :

Pour les demandeurs d’emploi, les Cafés Contacts permettent d’avoir plusieurs entrevues en quelques heures : un record quand souvent le délai entre deux entretiens se compte en semaines voire en mois.

Le bilan de cette opération, inédite à Nancy, se dessine tout en douceur en ce début 2014. Selon Rachid Boubegra, sur les 350 personnes invitées à participer à ces rencontres, 98 ont signé la feuille de présence tenue par la Maison de l’Emploi. Cette dernière effectue une enquête auprès des entreprises et des demandeurs d’emploi présents dans le mois suivant la manifestation, puis trois mois après. Le taux de 10 % d’embauches, établi par Paul Landowski, pourra être bientôt précisé pour Nancy. Sans attendre le résultats, l’initiative de l’association CaféContact a déjà conquis la Maison de l’Emploi. Son directeur adjoint envisage une autre édition dans le quartier du Plateau de Haye, et pense l’élargir à d’autres quartiers comme celui des Nations.

* Selon les chiffres de l’INSEE pour le troisième trimestre 2013 (les résultats du quatrième trimestre 2013 seront publiés en mars 2014) en France métropolitaine. Selon le ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, le nombre de chômeurs en catégorie A (sans activité aucune même partielle) s’élève à 3,29 millions fin novembre 2013.

L’art du vin

@ Jon Sullivan

@ Jon Sullivan

Avec 55 litres consommés en moyenne par an, le Français reste le premier consommateur de vin au monde, juste devant l’Italien et loin devant l’Américain. Pourtant la consommation de vin en litres, par an et par habitant, a été divisée par deux depuis les années 60 passant de 130 litres à 55. Les Français boivent moins de vin. Pour autant boivent-ils mieux ? Raphaël Guillet caviste chez Nicolas nous explique en détail les changements dans la consommation de vin.

Qu’il soit boisé, souple ou gouleyant, qu’il soit long en bouche ou qu’il ait de belles jambes, le vin réveille nos sens et nous émoustille les papilles. Mais d’où vient son goût si particulier ? Qui mieux que des vignerons pour répondre à cette question ? Justement ce week-end se tenait un salon œnologique à Nancy, au faubourg des Trois Maisons. Écoutons donc ces viticulteurs venus de France, et d’ailleurs, nous raconter l’union mystérieuse d’un vin, de son terroir et de son producteur.

Pour la première fois cette année, Peintures, sculptures et autres pièces d’art côtoyaient Côtes du Rhône, Sauvignons, Pinot blanc, gris ou noir et autres crus. Le festiv’art Œnologique, baptisé ainsi pour l’occasion, regroupe artistes et œnologues. Alors l’œnologie serait-elle un art ? Petit tour du salon et de ses protagonistes, en commençant par Jérôme Diguet, co-propriétaires de la Cave du Faubourg et co-organisateur de la manifestation, et Régis Morot, viticulteur.

Christophe Masson a la double casquette d’ébéniste d’art et de peintre. Pour lui les liens entre art et œnologie sont d’un autre genre…

Debout les chanteurs morts !

Nous allons tous mourir. Désolée de casser l’ambiance (ou le suspense) mais c’est un fait inévitable et universel… Le temps nous est compté et pour le comté, le temps c’est du fromage (oui bon, désolée encore une fois, ça m’a échappé) ! Pour déjouer notre pauvre condition de mortels, faisons un pied de nez à la faucheuse et fêtons ça dignement. Dans quelques jours Halloween pointe le bout de sa faucille.

A cette occasion, je voudrais dédier ce billet à tous ceux et toutes celles qui, un jour, ont pleuré la mort de leur chanteur ou chanteuse préférés.

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Mais aussi, et surtout, à tous ceux qui ont éprouvé un certain soulagement. A tous ceux qui ont cru pouvoir échapper aux (sauts de grenouille) entrechats survoltés de Claude François ou au costume à paillettes de Dalida. Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, vous n’échapperez pas à tous ces chanteurs morts car ils reviennent pour VOUS !

Psycho (1960)Directed by Alfred HitchcockShown: Janet Leigh (as Marion Crane)

Depuis une dizaine de jours, Nancy frissonne sous les vagues de marches zombiesques, d’expositions vampiriques et autres réjouissances macabres. Le festival de l’horreur et de la mort qui tue est sorti de sa tombe. Pour la deuxième année, l’association RésurrAction lance son propre télé-crochet. Le principe et de prendre le contre-pied de la Star Academy, de la Nouvelle Star et autres programmes de télé-réalité musicale et de donner une seconde vie aux artistes trépassés.

Les télé-crochets ont de nouveau le vent en poupe : France Inter, la très sérieuse (trop ?) radio, prévoit de lancer son propre programme en 2014. Le festival de l’horreur, lui, imprime sa tendance. Le 23 octobre dernier avaient lieu les présélections du concours de sosies vivants de chanteurs morts. Sur la sellette : huit candidats, une belle brochette de fantômes, de Dalida à Janis Joplin. Découvrez deux de ces artistes : Aurélien, alias Léo Ferré, et Christophe, alias Luciano Pavarotti (attention une mort subite s’est dissimulée dans ce reportage) :

Les sosies étaient jugés par une magistrature éclectique, issue du monde du spectacle ou des médias. Mais le véritable phénomène de la soirée était caché sous une perruque blonde et une veste pailletée, d’un bleu électrique : le mal nommé présentateur Pascal Décevant, sosie de Pascal Sevrant. Et il faut avouer qu’en l’occurence la copie est supérieure à l’original. Derrière le masque de l’animateur deux fois mort (bel exploit !), un roi de l’impro déluré, Romain Dieudonné, a apporté à la soirée une bonne dose d’humour noir et un côté savoureusement décalé. Pascal Sevran a eu la gentillesse de retarder son vol de retour vers l’au-delà et a accepté de répondre à quelques questions. Voici un portrait en trois dimensions et même de la troisième dimension du regretté (ou pas) Pascal Sevran :

Qu’est-ce qu’un bon sosie ? La question vous taraude, hein ? Moi personnellement non mais comme je suis gentille je suis allée le demander à Lilly Double Face, organisatrice/coordinatrice/trice de la soirée. Elle vous donne quelques tuyaux :

Vous en redemandez ? Je vous offre un bonus, un morceau de choix, une apparition érotico-exotique (tel que le définit le petit André Manoukian Illustré), une interprétation spectaculaire, une voix envoûtante… Je vous présente le sosie de Joséphine Baker en action :

Bon, il est l’heure d’aller se coucher les enfants. Ne mangez pas trop de bonbons, brossez vous les dents… Et regardez tout de même sous votre lit avant de dormir, on ne sait jamais !

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@Angeli

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