U4, d’acier & d’arts

Sodade-Cirques-Rouages-©CAVF

Sodade par Cirque Rouage – Crédit Communauté d’Agglomération Val de Fensch

Avec plus de 33 000 visiteurs en 2015, le Parc du Haut-Fourneau U4 est un pôle d’attraction touristique, en grande partie grâce à sa programmation culturelle et artistique.

« On ne peut pas tout miser sur la mémoire pour amener des visiteurs fidèles au Parc du Haut-Fourneau, d’où l’importance de développer une programmation artistique et culturelle. Depuis cinq ans, cette dernière est plus régulière. La friche industrielle se prête particulièrement aux arts du cirque et de la rue », insiste Lucie Kocevar, vice-présidente à la culture, au tourisme et au patrimoine du Val de Fensch. En la matière le site ne se contente pas juste d’être un beau décor et s’articule autour de trois axes : création, sensibilisation et diffusion de projets artistiques en tous genres. Cette volonté a pris forme dans un premier temps avec la mise en lumière du site par Claude Lévêque dans son œuvre « Tous les soleils », aujourd’hui prolongée avec une installation artistique dans la halle de coulée.

Les liens du sol

Cirque-Slex-n-sueur-©service-communication-CAVF

Crédit Communauté d’Agglomération Val de Fensch

Chaque année, U4 porte à bout de bras des créations ou des compagnies à travers des appels à projets, des résidences… L’objectif : renforcer les liens avec la population de ce territoire. La manifestation « Portraits de territoire », portée par la compagnie Nejma (85) en est l’un des exemples parlants. Depuis l’année dernière, une « cabine photographique » s’est baladée sur 6 communes de la vallée, du marché de Fameck au centre aquatique Feralia à Hayange. Elle a ramené de ce périple 1 200 photographies qui feront l’objet cette année d’une exposition itinérante, présentée en avant-première le 21 mai dès 19h au Parc U4.

Pop’hilarité

le-juke-box-dhelène-et-ivan-cie-mamaille

Crédit Communauté d’Agglomération Val de Fensch

D’ailleurs en 2016, le site va plus loin dans la proximité et l’ouverture. « Il nous a été parfois reproché d’être trop élitistes. Cette année nous avons décidé de fonder notre programme sur le thème de « culture populaire », destiné à toucher un plus grand public. Les artistes jouent avec ce concept et ses différentes formes acceptées comme les attractions foraines, les veillées, le cirque sous chapiteau, la fête de village… », ajoute Lucie Kocevar. Tout au long de l’été, plusieurs manifestations interrogent avec humour ou poésie cette notion. Ainsi, le 19 juin l’association Boomchaka lance sa brocante de vêtement « décalée », le « Sap’en troc », où partage, customisation et art feront bon ménage.

Carrefour des disciplines

Loudblast-©service-communication-CAVF

Crédit Communauté d’Agglomération Val de Fensch

Art, mémoire ouvrière et science se croisent aussi au détour de la programmation. Le 3 juillet, pour la Fête du Patrimoine Industriel, les guides Mécilor ressuscitent un bas-fourneau, ancêtre plus petit du haut-fourneau, duquel le forgeron Thierry Tonnelier extraira une loupe de fer.  Le collectif d’illustrateurs « Light Matter », lauréat 2016 de l’appel à projet Evol’U4, a travaillé autour de différentes techniques sur un abécédaire de la sidérurgie illustré présenté de juillet à septembre sur le site. Enfin, pour la première fois, les Dîners Insolites s’arrêteront à l’U4 les 15, 16 et 17 juillet. En parallèle, jusqu’à sa fermeture en octobre, le site continue d’enchanter les visiteurs avec une programmation forte en sensations diverses.

Plus d’informations sur la programmation culturelle ou le projet Evol’U4 sur le site : hf-u4.com/fr

Fleurs de friche

 

jardin-des-traces-©-R.-Jacquot

Jardin des Traces – Crédit R. Jacquot

Entretenus par Chrysopée, les 5 hectares du Jardin des Traces dans le Parc du Haut-Fourneau d’Uckange font pousser la mémoire ouvrière autant que les belles plantes. Olivier Clause, président de l’association, nous fait faire le tour du propriétaire.

Un jardin sur une friche industrielle, qu’est-ce que cela implique ?

L’installation a été très compliquée car le terrain est hostile. Il y avait plus de deux mètres d’épaisseur de pierres de ballast, à l’origine utilisées pour le chemin de fer, ou de fondations de bâtiments. Pour planter un arbre, il faut un marteau-piqueur ou un burineur. Il existe aussi deux endroits interdits d’exploitation à cause de la pollution des sous-sols, notamment au fuel lourd. En matière environnementale, nous avons donc misé à travers le Jardin des Traces sur des expériences vertueuses. Ainsi, pour l’entretien, nous avons opté pour un engrais bio produit grâce à des composteurs et nous avons aussi un coq et deux poules.

Quelles réflexions vous ont guidé dans la mise en œuvre de cet espace ?

Aujourd’hui le Jardin des Traces est en fait l’association de trois espaces différents : le Jardin de l’Alchimie, le Jardin du Sidérurgiste et le Jardin des Énergies. Au départ, nous ne savions pas si cela allait être un parc ou plutôt un jardin. Nous avions donc seulement ajouté un peu de terre ou de gazon, passé le burin à quelques endroits. Au fur et à mesure le projet s’est enrichi, l’espace aussi et nous avons mis en scène les hectares à notre disposition. Notre premier choix était de nous orienter vers des plantes qui se plaisent sur des terrains difficiles, graminées ou sédums. Peu à peu, d’autres espèces sont venues enrichir la collection, plus colorées, plus sympathiques. Désormais nous arrivons à y faire pousser presque tout, des palmiers aux légumes.

Retrouvez toutes les informations sur le Jardin des Traces ici : jardindestraces.fr

Rues et Cies l’épreuve de la rue

Affiche Rues et Cies 2014

Les 13, 14 et 15 juin prochains à Épinal, le festival Rues et Cies remonte sur les planches. Acrobates, clowns ou comédiens vont enchanter la ville et ses habitants. Prenez place, les spectacles vont commencer…

« La route est à tout le monde, c’est une honte mais c’est ainsi », fulminait Pozzo dans En attendant Godot de Samuel Beckett. Dans les rues d’Épinal du 13 au 15 juin, l’art s’offre à tous, n’en déplaise aux grincheux. Né sur les bases du festival Colportage, Rues et Cies délimite les contours des arts de la rue, toutes influences et styles confondus : danse, cirque, théâtre déambulatoire, fanfare, jonglage… Pour cette 31e édition, les artistes réinvestissent la ville et la transforment en gigantesque scène. Pour eux, l’exercice est difficile. Toujours sur le fil, les trente-sept compagnies invitées en 2014 font face à un public dont l’exigence a été aiguisée par plus de trente ans de spectacles au cœur de leur cité. « La rue, c’est vraiment l’école de la vie. Pour les artistes, cela constitue une épreuve de force : les gens peuvent venir et partir à leur guise. Pour garder leur attention, il faut du métier, un propos intelligent, une représentation millimétrée », indique Isabelle Sartori, directrice du festival.

Exercice de style

Venues des quatre coins de la planète, du Chili à l’Australie en passant par la France, les troupes de Rues et Cies vont kidnapper l’œil des spectateurs et montrer de quel style ils se chauffent. The Lol Brothers inaugurent le festival le vendredi 13 juin. Les deux performers canadiens ont changé la composition de leur sirop d’érable, y ont ajouté une poignée de cirque et une pincée de rock. À la gueule du cheval, une fanfare de treize musiciens, ferme la danse avec son spectacle « Harmonie gentiment punk ». Entre les deux, pas de répit : les représentations se succèdent et emportent Épinal dans un tourbillon d’émotions. Le festival, à travers les manifestations proposées, permet aussi d’aborder des sujets graves de façon légère ou décalée, réfléchir tout en s’amusant. « T’as de la chance d’être mon frère » de No Tunes International parle avec tendresse et humanité du handicap : un homme cherche son frère, s’inquiète, se confie aux passants.

Les compagnies chamboulent tout

Les rues aussi sont mises à rude épreuve. Les Urbaindigènes feront trembler les murs, comme l’explique Isabelle Sartori : « Les acrobates de cette troupe utilisent l’architecture de la ville : poteaux, murets, panneaux… ». Le spectacle garde la même tonalité ; il change simplement de forme en fonction de la configuration des lieux. La compagnie française était déjà passée l’année dernière et avait laissé une vive impression. Avec « Revue militaire », les Urbaindigènes retracent l’histoire guerrière française et l’horreur des boucheries du XXe siècle. Le Samu dans « Les Balcons bavards » renoue avec la tradition perdue des séances de papotage entre voisins. Le spectacle vient rajouter aux façades des bâtiments ce qui leur manque : plus de fenêtres, ouvertes sur la ville et sur l’autre. Des comédiens les occupent, apostrophent les passants et discutent avec eux. Au bout des trois jours de festival, le paysage des arts de la rue se redessine et montre sa richesse. Burlesque, tragique, poétique, déjanté, profond ou léger, le spectacle n’a jamais été plus vivant qu’à Épinal, pour Rues et Cies.

Pour tous renseignements, rendez-vous sur le site
http://www.epinal.fr ou contactez Isabelle Sartori : 03.29.68.50.23 isabelle.sartori@epinal.fr

Cet article est paru dans le Lorraine Magazine #29 : http://www.lorrainemag.com/.

Dans la tête

Stats du Site

  • 27,476 visites
Follow Le Grand Shiva Rit on WordPress.com