La foire aux métiers

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Crédit Les Vieux Métiers d’Azannes

En guise d’amuse-bouche, découvrez parmi les 80 présentés à Azannes deux métiers aujourd’hui disparus : celui du tuilier et du tanneur.

Christine et Pascal Briy : tuiliers à la vie, à l’amour

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Crédit Les Vieux Métiers d’Azannes

Bénévoles aux Vieux Métiers depuis 1993, cet agent technique ONF et cette directrice d’école se retrouvent côte à côte lors des Dimanches de mai en Meuse.

Comment êtes-vous devenus tuiliers ?

P.B. : J’ai commencé par faire des remplacements sur la batteuse de blé. Et puis la fille du tuilier, Monique, est partie et il fallait la remplacer. Le président de l’association à cette époque nous a donc chargés tous les deux de prendre la relève. Monique connaissait bien le métier grâce à son père et nous a laissé des documents pour apprendre. Par la suite, nous avons enrichi nos connaissances grâce à certains visiteurs qui appartenaient directement ou indirectement à ce domaine. Nous avons même eu le directeur de la tuilerie de Pargny-sur-Saulx, venu piétiner l’argile.

C.B. : Nous avons découvert entièrement ce métier. Au départ, je ne m’imaginais pas à ce poste. J’étais plus attirée par la broderie ou la dentelle. Mais au fil du temps, j’ai appris à l’aimer. C’est une activité passionnante car elle contient de nombreux paramètres : le travail de la terre et de l’argile, les différentes cuissons, les couleurs de tuiles liées aux minéraux… Nous sommes vraiment heureux de pouvoir le partager avec le public dans une ambiance festive.

Quels aspects du métier avez-vous découverts ?

P.B. : C’est un travail qui demande de la patience et de la précision. L’argile est d’abord pétrie comme une pâte à tarte. Elle doit ensuite reposer 24 heures et être mise en forme grâce à des moules. Cette partie revient à ma femme car les tuiles sont moulées sur la cuisse. Normalement l’étape suivante est la cuisson. Mais nous n’avons pas de four assez grand pour cela. Surtout, c’est une étape très délicate. Autrefois, les hommes restaient debout jour et nuit pendant huit jours afin de le préchauffer. Les tuiles étaient chauffées en 48 heures. La température ne devait pas dépasser 1 300° Celsius sinon l’argile fondait et la fournée entière conglomérait. En plus, pour seul thermomètre, ils utilisaient une brosse avec de la soie de sanglier : en fonction de la frisure de la soie, ils estimaient si la chaleur était suffisante ou non.

C.B. : Nous présentons ce métier sous forme d’un sketch de 20 mn en alternant des parties plus techniques à d’autres plus comiques. Avec mon mari, nous jouons à nous disputer : il plaisante sur mes cuisses au moment du moulage. Cependant, nous insistons aussi sur la pénibilité de ce travail et les visiteurs sont assez fascinés. Les tuiliers s’échinaient toute l’année. En hiver, ils cherchaient du bois et de la terre. Au printemps, ils passaient au modelage et en été s’attelaient à la cuisson. Aujourd’hui le métier a totalement disparu alors qu’au XIXème siècle, il y en avait dans chaque village.

Patrice Ledard : « plus pelletier que tanneur »

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Crédit Les Vieux Métiers d’Azannes

Comme Christine et Pascal Briy, Patrice Ledard est là depuis le début de l’aventure des Vieux Métiers. Depuis presque 30 ans, il donne une seconde vie aux petites bêtes.

Comment êtes-vous devenus tanneur ?

À l’origine, j’étais aux entrées. À cette époque, elles étaient situées au niveau de la route, qui était coupée pour l’occasion. Et puis, quand le village s’est déplacé à Azannes, l’association a créé des guitounes pour filtrer le flux des visiteurs. J’ai continué pendant deux ans et puis on m’a demandé d’intégrer un métier. Ayant déjà effectué des stages de reliure, je devais initialement m’orienter dans ce domaine et puis, finalement il y avait besoin d’un tanneur supplémentaire. J’ai commencé avec la doyenne des Vieux métiers et des bénévoles : Mme Claude. À 95 ans, elle travaille toujours le tannage avec moi et c’est aussi elle qui m’a appris ce métier.

Quels aspects du métier avez-vous découverts ?

Ce que nous faisons relève plus du pelletier que du tanneur car le pelage de la bête reste intact. Nous travaillons uniquement sur des petites peaux, du lapin le plus souvent mais aussi du mouton. Le tanneur agit en plusieurs étapes sur les peausseries et il nous est impossible de les réaliser toutes en une seule journée. Nous préparons donc les peaux une semaine avant et nous montrons au public l’étape de l’assouplissement. C’est la partie la plus importante car elle détermine la souplesse et la qualité du cuir ou de la peau. L’objectif du tannage est d’empêcher cette dernière de pourrir. Pour se faire, différentes substances peuvent être utilisées. Les Esquimaux se servaient de salive humaine. Aujourd’hui l’industrie réalise des tannages au chrome. Une seule journée suffit pour tanner les peaux alors qu’un tannage végétal pouvait prendre jusqu’à 30 ans…

Comment réagit le public ?

En général, le tannage est un travail plutôt dégoutant mais il arrive que certaines personnes soient intéressées. Une fois, un visiteur venu des Ardennes est resté une journée avec nous pour essayer de comprendre comment ça fonctionne. C’était un piégeur : il tuait des animaux nuisibles comme les rats musqués et il ne savait pas quoi faire des peaux. Il en était désolé. Il est revenu l’année suivant et encore celle d’après. Cette fois-là, il a ramené un dessus de lit qu’il avait fait avec les fourrures de rats musqués. C’était un vrai chef d’œuvre.

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